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Ce que j’aime le plus chez moi #10 du mois

J’étais allée voir fin avril le thème du mois de mai… Et voilà que nous sommes déjà le 10 sans que je n’ai rien écrit.. Pourtant ça a carburé dans ma caboche pour essayer de comprendre cette phrase :

« ce que j’aime le plus chez moi »

Mon premier réflexe, celui de toute une vie, a été de dire : « rien ». Oui, vraiment. Je pourrai disserter sur mon enfance, mon éducation, etc… Mais je ne suis pas certaine que ce soit si intéressant que ça.. Et en fait, je pense qu’on est nombreuses dans ce cas à vouloir ou pouvoir le dire, à différents degrés.. Là, je pourrai placer un petit paragraphe sur la société qui opprime les femmes, leur imposant un certain standing, une pression qui ne dit pas son nom.. etc..

Bon.. « ce que j’aime le plus chez moi »..

J’aime la famille que j’ai créée.. j’aime le regard de mon mari sur moi.. j’aime nos enfants.. j’aime notre maison.. j’aime la maturité acquise avec l’âge.. Est ce que je peux dire aujourd’hui : « ce que j’aime chez moi, c’est moi ».. ? Pas encore. En ce moment, je suis plutôt dans un sas.. une sorte de sas de décompression.. Dedans, on s’y adoucit, on y expérimente la bienveillance envers soi-même.. Avant, j’aurai dit : j’ai ce garde-fou qui me préserve de tout excès, d’un égocentrisme exacerbé… Maintenant, je comprends qu’il m’empêchait avant tout d’être satisfaite de moi et de tout ce que je pouvais accomplir..

« ce que j’aime le plus chez moi »…

Faire une liste de mes qualités ? Rien que le mot me fait tiquer, la définition du Larousse encore plus: « manière d’être (…) qui correspond à ce qu’on en attend (…) que l’on juge positivement (..) titre au nom duquel on agit (…) qui répond à la question de savoir si la manière d’être d’un sujet peut être affirmée comme existante ou non (…) »

Je crois qu’on peut toutes et tous dire que le drame de notre vie a longtemps été d’essayer de correspondre à ce que l’on attendait de nous sans jamais vraiment y arriver… Et je crois aussi qu’on a toutes et tous cherché à un moment donné de s’en affranchir, avec plus ou moins de réussite. C’est probablement un sujet qui est aussi vieux que le monde… Donc mes qualités sont celles que les autres m’attribuent, mais je ne les déterminerai pas moi-même car trop réducteur, un petit peu trop CV… Je ne serai pas à la hauteur de vos attentes, je le sens.

Voila pourquoi, sans doute, je pense en premier lieu et par défaut à tout ce que je ne suis pas et ne serai jamais. A toutes mes failles, à tout ce que je ne sais pas ou cru savoir.. A tous mes gadins, mes bosses et mes bleus… A mes excès et mes manques.. A mes larmes et mes cris.. A ceux qui me sont restés en travers de la gorge.. A mes choix, plus souvent les mauvais que les bons.. Aux gens que j’ai déçu ou qui m’ont déçue et à ceux que j’ai laissé derrière.. Tout ce qui m’empêche de dormir et ce qui me réveille trop tôt..

Ce que j’aime le plus chez moi, c’est ça.. C’est la vie dans toute son imperfection…

Les failles… Les accepter plutôt que les repousser.. Ce n’est pas s’y adonner sans complexe. C’est sans doute plutôt se donner les moyens de les dépasser.. Chercher à s’améliorer, non pour être parfaite aux yeux des autres mais aux nôtres, selon nos valeurs, nos attentes propres..

L’orage qui gronde annoncera toujours le beau temps.. C’est une certitude.. L’un ne va pas sans l’autre.. Alors, apprenons à danser sous la pluie puisqu’il lui arrive de tomber… Et plantons nous de temps en temps, nous pousserons mieux..

A nos actes manqués – Fredericks, Goldman & Jones