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Grandir ou Vieillir #10dumois

Depuis que le monde est monde, les enfants s’appliquent à grandir, s’évertuent à se vieillir. Plus vite qu’il ne le faudrait selon ceux qui les aiment. Ces adultes qui, de leur côté, aimeraient sans doute rajeunir, ou tout du moins ralentir la course du temps.

Grandir.. Vieillir.. Pas encore, pas assez, trop vite ou trop tôt.. Tout est, comme toujours, une question de point de vue… C’était hier et c’est déjà demain.. Et le présent reste insaisissable…

Petit.e, on ne se voit pas vivre.. Etre un.e autre. Grandir, pour faire des choses que seul.e un.e adulte pourrait ou saurait faire… A l’âge légal, ce n’est pas encore assez… On en veut plus.. Plus vite, plus loin.. Pour peu qu’on ait un passé lourd de sens, on pourrait perdre son présent à questionner sans voir que le futur, c’est déjà aujourd’hui.

A un moment donné, le corps cesse de grandir mais il continue de vieillir: son élasticité diminue, l’éclat se ternit. Des petites rides deci-delà, quelques cheveux grisonnent ou blanchissent. Certains disent que ce sont les marques d’une Vie bien remplie, d’autres les conséquences des soucis rencontrés. Un corps, ce n’est pas anodin.. On peut bien sûr changer quelques détails.. pour cause d’usure, de défaut de fabrication, d’accident de parcours.. On peut chercher à l’améliorer pour correspondre aux standards d’une époque ou s’en détacher.. Un corps, c’est à la fois indispensable et faillible.. Pour l’instant, nous sommes toutes et tous soumis à son évolution et accepter ce fait serait probablement libérateur. Notre support physique, en vieillissant, fatigue plus vite que notre âme qui, elle, a des projets d’expansion infinis…

Plus jeune, je ne m’aimais pas.. Ou plutôt, je n’ai pas appris à m’accepter, à me reconnaître, voire à prendre soin de moi.. C’est en vieillissant que mon regard s’est adouci. Et c’est en sens que je me sens grandie. Pour l’instant, j’aime bien vieillir. Parce que je me sens un peu plus apaisée qu’hier.

Je me doute bien que viendra le temps où mon corps ne sera plus aussi fiable qu’avant.. C’est déjà d’ailleurs un peu le cas depuis que je ne suis plus le principal objet de mes pensées (comprendre: depuis que je suis maman)! Bien sûr, ces choses que je sais maintenant, j’aurai aimé les savoir plus jeune… et bien sûr, j’aimerai aujourd’hui avoir encore la fougue, disons, l’intransigeance de la jeunesse. Mais accepter que tout vient en son temps fait sans doute partie du jeu.

Alors je dirai finalement que grandir ou vieillir, l’un ne va pas sans l’autre.. Le temps file, la roue tourne… et caetera… En fin de compte, je suis contente de n’avoir pas baissé les bras quand la tentation de le faire a été très forte. Les pieds plantés dans le sol, les bras sur les hanches, je regarde désormais le passé sans larmes, le présent bien en face et le futur sans peur.


😉 .. La roue Tourne – Zaho ..

Lutte contre le harcèlement scolaire

Gabriel n’a pas 3 ans quand il entre en petite section de maternelle. Il y va parce que c’est l’année de ces 3 ans, il y va parce que ses parents pense qu’il est prêt: il s’exprime bien, il est très curieux, a envie de découvrir “l’école”, et il est propre. Gabriel a de la chance parce que son école n’est pas trop grande, il n’y a que 6 classes et sa maîtresse Béatrice a l’air gentille et très volontaire. Sa salle de classe est pleine de jouets et d’activités intéressantes mais la cour de récréation lui fait peur.. Il y a beaucoup d’enfants qui jouent, qui courent, qui crient… qui chahutent.. C’est nouveau pour Gabriel, enfant unique, et dont la nounou n’avait pas une vie sociale très développée..

Gabriel pleure souvent devant le portail parce que maman lui manque et qu’il ne sait pas quoi faire quand il est dehors, il ne connaît personne et ne sait pas jouer avec les autres enfants. Alors il reste avec la maîtresse dans la classe ou il suit Nathalie, son ATSEM, comme son ombre. Comme il est petit, on a conseillé à maman de le récupérer le midi et de le garder l’après-midi avec elle.. Mais maman, qui travaille et est enceinte, ne peut pas faire ça tous les jours et elle n’a personne à qui confier Gabriel. Même s’il ne va pas souvent à la garderie, les journées sont longues pour lui..

Et puis, avant les vacances de Noël, Gabriel se rapproche d’un petit garçon à l’air sérieux… Léo. Léo a 6 mois de plus que Gabriel et il est plus sûr de lui. Ils finissent l’année scolaire en devenant les meilleurs amis du monde.. L’un et l’autre s’amusent en tout et pour tout, si bien qu’ils sont souvent tous les deux pris à faire des bêtises… Béatrice, la maîtresse, préconise de les séparer à la rentrée prochaine afin d’éviter une sorte d’amitié exclusive qui les desservirait..

Septembre revient et les 2 garçons entrent en moyenne section mais chacun dans sa classe. Contrairement à d’autres parents, ceux de Gabriel, confiants, n’ont pas insisté auprès de la directrice pour que leur enfant soit avec ses amis de l’année passée. C’est ainsi que Gabriel se retrouve à nouveau avec des enfants qu’il ne connaît pas et avec une nouvelle maîtresse, un peu moins gentille que Béatrice. Léo, lui, est avec la quasi totalité de leur ancienne classe et avec une maîtresse souvent en arrêt maladie..

Très vite, et sans que personne ne puisse le remarquer, Gabriel est mis de côté dans la cour de récréation par les copains de l’année passée.. et ne connaissant pas ceux de sa nouvelle classe, qui se voyaient avant, il n’arrive pas à s’y intégrer… A moins de 4 ans, il est difficile de comprendre et d’accepter pourquoi des enfants ne voudraient plus jouer avec lui.. ou ne seraient tout simplement pas d’accord pour partager un jeu.. Gabriel a du mal à trouver sa place où qu’il soit.. dans sa classe avec cette maîtresse, si prompte à juger ses dessins, si vite agacée et impatiente quand il ne va pas assez vite.. Et dans la cour de récréation, Léo commence à se détourner de lui; pire, il lui interdit de jouer avec lui et les autres copains.. Il est mal à l’aise et, souvent, quand on le gronde, il rit, gigote, regarde ailleurs.. Gabriel ne sait plus où est sa place.. Il a l’impression de faire tout mal, tout le temps. Il se fait gronder souvent pour des broutilles mais qui à la longue sont trop répétitives.. Son attitude avec les autres enfants est parfois problématique et on doit souvent le reprendre. Léo accuse Gabriel de l’avoir bousculé, et presque de l’avoir tapé. Une maman lui reproche d’avoir déchiré la capuche d’un manteau…

A la maison, maman et papa ne comprennent pas bien ce qu’il se passe, d’autant que rien n’est facile pour eux non plus.. Mais quand la maîtresse les accuse de trop protéger leur enfant et de lui passer trop de choses, ils voient rouge tous les deux! Ils défendent leur famille et comprennent qu’il n’y a pas de dialogue possible avec cette femme.

Un soir, papa vient chercher Gabriel à l’école et en sortant, Léo les poursuit en criant: “Gabriel est méchant! Gabriel est nul! Gabriel est un bébé!” Papa se retourne face à Léo qui s’enfuit en courant, cherche des yeux la maman qui est au loin et n’a pas remarqué le manège de son fils. Papa s’agenouille devant Gabriel et lui dit: “Gabriel, c’est faux. Tu es un super petit garçon! et je t’aimerai toujours quoiqu’il arrive”.  Plus tard, en parlant avec Gabriel, les parents apprennent que tous les jours, Léo le poursuit dans la cour de récréation et l’empêche de jouer avec les autres enfants en lui hurlant dessus… Ce qui passe pour le jeu du chat et de la souris aux yeux des surveillants est en fait une interdiction systématique de la part de son ancien ami de s’approcher des autres. Parfois, Léo n’est pas seul et Gabriel est poursuivi par quelques enfants qui le montrent du doigt et le malmènent. Alors, au bout d’un moment, Gabriel, débordé par ses émotions, se met en colère et se défend comme il peut. Évidemment, il est attrapé par les adultes, grondé, et puni.. et catalogué comme… Violent.

L’équipe enseignante et encadrante a peu écouté papa et maman quand ils ont tenté de sonner l’alarme. Ils sont passés pour des parents trop protecteurs, trop à l’écoute.. et personne n’avait envie de comprendre ce qui se passait, et insister revenait à apposer une étiquette de harcèlement scolaire sur cette maternelle “familiale”. Alors les parents se sont trouvés bien démunis et sans savoir comment aider leur fils. Personne pour les conseiller. Enfin de compte, la Vie leur a donné un petit coup de pouce puisque les parents de Léo, mutés, sont partis en cour d’année et Gabriel, avec l’aide de la psy de la PMI, a pu finir l’année plus sereinement et se faire enfin des nouveaux amis en s’intégrant dans sa classe et en allant plus souvent au centre aéré.

Plus tard, la famille a décidé de quitter la ville. La nouvelle école de Gabriel est à l’opposé de l’ancienne.. Sa nouvelle maîtresse est impliquée et à l’écoute des enfants. Pour Gabriel, c’est le jour et la nuit..  A presque 5 ans, il se rend compte que ce qui était son quotidien ailleurs, ne devrait pas être une normalité.. Quelque part, il cherche à comprendre les réactions de ceux qu’il a en face de lui et c’est encore un grand mystère parfois pour lui…

Le harcèlement scolaire peut commencer à n’importe quel âge et toucher n’importe qui. C’est une situation complexe qu’il vaut mieux chercher à comprendre avant de montrer du doigt un coupable idéal. Les équipes enseignantes et encadrantes devraient être formées spécifiquement. Et tous les parents devraient être accompagnés pour mieux aider leurs enfants, harcelés ou harceleurs…

(La tendance de dénoncer sur les réseaux sociaux, c’est un peu faire justice soi-même.. Ce n’est pas une solution mais sans doute la seule sonnette d’alarme que trouvent certains parents pour que cela cesse.. Et si, on leur proposait une solution un peu moins extrême?)

Ce petit coin de Paradis

Bientôt la mi-septembre.. Tout le monde est rentré dans ses pénates.. La demi-saison s’installe avec son lot de coups de froid matinaux et chaleurs postméridiennes. Vous étiez touristes ailleurs, vous redevenez locaux ici. Et ailleurs comme ici, il est normal de jeter ses déchets dans une poubelle, de respecter l’endroit où vous êtes. Pourtant, au départ des uns et des autres, on retrouve souvent et partout des mégots, des restes de fast food quand ce n’est pas du papier toilette et autres joyeusetés hygiéniques.

Du coup, vous râlez.. contre ces “conquistadores” qui envahissent tous les ans votre petit coin de paradis. Râler, c’est sympa.. Mais ça sert pas à grand chose.. Il est peut-être temps d’agir.. à votre échelle.. Vous pouvez envoyer des mégots à recycler… Et suivez c’est la mode, n’hésitez pas à interpeller les consciences sur les réseaux. Comme refaire le monde, c’est toujours plus chouette à plusieurs, allez donc voir du côté des cartes sur internet pour savoir quand vous pourriez vous joindre à une initiative citoyenne. Notez que le 21 septembre, vous pourrez au moins participer au “World Clean Up Day”

Parfois, pour agir, il faut du “vécu”, quelque chose de bien marquant, positif ou négatif.. Parce qu’il n’y a rien de tel que lorsque l’on se sent concerné.. Cela peut être de voir un, très jeune, natif  gravir le chemin allant au monument Wallace près de Stirling (Ecosse) et ramasser les déchets des touristes. Cela peut être une plage proche de La Rochelle au 25 décembre dernier et ne trouver que des bouts de plastiques, des restes de filets de pêches.. Ou bien, rouler derrière une voiture dont le conducteur balance par sa fenêtre successivement sac MacDo’ et mégots..

Quand on était gamins sur les plages ou sur les chemins montagnards, on récoltait quelques coquillages troués, des galets.. Parfois, on cueillait de jolies fleurs qui sentaient bon le curry ou de simples tardives… Il est peut être temps aujourd’hui d’apprendre explicitement à nos enfants que les choses ne cessent pas d’exister quand elles sont hors de notre champ de vision.. “Loin des yeux, loin du coeur”.. Hum… Non.. On sait bien que les objets, s’ils n’ont pas de consciences, ont une durée de vie, c’est à dire une durée d’utilisation ET un temps pour se bio-dégrader.

Cet été un groupe de jeunes adultes se demandait, en rentrant de la plage, où jeter une peau de banane.. Une simple peau de banane…  Si ce n’est pas en plastique, cela ne veut pas dire que l’on peut la balancer dans la dune protégée..

D’abord parce qu’elle mettrait au moins 6 mois à se dégrader (Imaginons, 100 personnes balancent 1 banane par jour pendant 2 mois.. A terme, vous auriez envie de vous balader dans le coin?). Ensuite, si la banane n’est pas bio, sa peau est donc un concentré de chimie qu’il vaut mieux jeter là où elle mérite d’aller: à la poubelle.. Enfin, abandonner ses déchets, c’est aussi mettre en branle toute une organisation de nettoyage.. Il y a bien sûr des associations qui organisent des opérations ramassages, mais aussi les municipalités qui mandatent des agents, des structures publiques ou privées qui factureront leurs interventions.. Factures soldées avec l’argent du contribuable.. Alors, au lieu de grommeler au sujet du feu d’artifice du 14 juillet très décevant, vous pouvez critiquer ceux qui ne ramènent pas leurs déchets jusqu’à la voiture, puis la maison..

Il existe des lieux où l’on distribue des cendriers, des lieux où les poubelles n’ont plus leur place..  Le but affiché est de pousser tout-un-chacun à ne plus produire de déchets.. Comprendre: cela permet de prendre conscience de ce que chacun-de-nous peut produire comme détritus. Pour réduire cette production mortifère et peut-être un jour la supprimer totalement.

En remplacement des fleurs qu’il vaut mieux ne pas cueillir et des galets qu’il est interdit de soutirer aux plages, il faudrait peut-être un sac et des gants pour le nettoyer, ce petit coin de paradis.. Ainsi, en donnant l’exemple, les uns se poseraient des questions, les autres viendraient aider..

Et l’école à la maison, si on en parlait?

Certains diront que c’est une mode, d’autres diront qu’il s’agit d’échapper à un système à broyer des enfants… Que ceux-ci deviendront asociaux ou incultes, voire que cela profite à l’islamisation radicale… Comme pour tout, on peut faire des raccourcis, des jugements inutiles..Mais en vrai, est ce que ce ne serait pas pour s’approcher au plus près de valeurs qu’une famille peut vouloir défendre? Ce n’est même pas une question de moyens financiers.. et c’est sans doute une manière de vivre, une façon d’appréhender la vie!

La vérité est que nous sommes beaucoup de parents à subir un système qui se modifie au gré des mesures politiques et trop peu à réfléchir aux bienfaits et aux méfaits du système scolaire actuel, à se sentir de taille pour une éducation personnalisée, à l’écoute et suffisamment complète pour “armer” nous-mêmes nos enfants à la vie d’adulte…

Ce qui est certain, c’est qu’à l’ère d’internet (*voir en fin d’article), pour peu qu’on soit organisés et qu’on ait du temps, il est facile de trouver matière pour occuper les enfants en leur faisant apprendre quelque chose. Il y a probablement autant de manières de faire l’école à la maison que de familles qui la pratiquent.. Le Homeschooling, le Unschooling, les cours par correspondances…Mais leur but est toujours le même: permettre aux enfants de s’épanouir et d’apprendre à leur rythme. Évidemment, les valeurs des uns ne sont pas les valeurs des autres.. il en va de même pour les peurs (peur du harcèlement, peur du jour de la rentrée, peur du prof/instit incompétent ou impuissant..)

Et cela en partant du postulat que les parents agissent dans l’intérêt des enfants et non pour se soustraire, eux, à une administration qu’ils haïssent. 

Les nouvelles directives annoncent plus de contrôles surprises et plus de contrôles médicaux pour ces enfants qui “échappent” à l’oeil “scrutateur mais bienveillant” de l’école républicaine… Ainsi les familles cherchant à s’extraire d’un système qui ne leur correspond pas, vont devoir tout de même se conformer à des obligations pour être au plus près de cette école de la confiance. On pourrait se demander quel avenir pour notre école, notre société… On pourrait s’inquiéter de ce futur pour nos enfants… On pourrait, comme d’autres, signifier au ministre une désobéissance calme et tranquille. Le sujet est vaste et il faudrait plus d’une page de blog.

Quelque part, il faut mettre dans la balance les peurs, les attentes, les envies avec la réalité. Savoir, avec franchise, ce que l’on serait en mesure de proposer à nos enfants si nous décidions de les “dé-scolariser” et ce qu’ils trouveraient à l’école s’ils y allaient. Et puis, s’informer.. Faire des recherches.. Recueillir des témoignages.. Comprendre que s’il n’y a pas école, ce n’est pas non plus pour se la couler douce!

Cela dit, choisir l’école, ce n’est pas une tare.. Il faut de tout pour faire un monde: des écoles où les enfants, voire les parents, ne seront pas entendus et d’autres où les maîtres.ses et directrices/directeurs sauront écouter tout en faisant la part des choses. Comme partout, les personnes gonflées d’auto-suffisance, et donc souvent de mépris, ne se remettront jamais en question. C’est utopique de penser que tout ce petit monde du scolaire pourrait se donner la main, et s’entraider en montrant les méthodes/solutions trouvées.. Utopique peut-être, pourtant de nombreux instits/profs tiennent des blogs, des pages (Activité chronophage et ingrate s’il en est..) pour proposer des supports et des idées.. En tout cas, si finalement l’école est la solution retenue, mais que cela vous laisse un petit arrière goût amer, vous pouvez toujours choisir le co-schooling.. Sans faire une 2e journée d’école à votre enfant, il s’agit simplement de proposer tous les jours des activités courtes sur un thème (souvent choisi avec l’enfant) qui lui permette d’assouvir sa curiosité naturelle…

L’autre jour, à la TV, ils parlaient des enfants handicapés sans classe. Une petite fille expliquait qu’elle avait appris à son frère à compter jusque 30 et qu’il n’était jamais allé à l’école. Un papa racontait combien cela pouvait détruire des familles, combien c’était dur au quotidien. Une  question m’est donc venue: comment font toutes ces familles qui, faute de place, doivent garder leurs enfants à la maison? Quelles ressources ont-elles pour ne pas laisser leurs enfants dans l’ignorance la plus complète? L’école à la maison n’est alors plus un choix mais une obligation. Choisir est donc un luxe pour eux. Terrible.

Voici “quelques” liens, trouvés après quelques recherches sur Qwant, Google, FB, Pinterest..:

Rentrée 2019-2020

Qu’on n’en puisse plus ou qu’on n’en ait pas envie, cette semaine, c’est la rentrée pour tous les enfants de France qui ont l’âge d’aller à l’école et qui ne pratiquent pas le homeschooling (comprendre la classe à la maison). Il est probable que les plus petits aient commencé la crèche et autres gardes de la petite enfance depuis quelques jours, alors pour eux.. ce n’est que la juste suite de ce qu’ils ont déjà expérimenté la semaine dernière…

Voilà nos amours qui reprennent leurs activités d’enfants; sur les bancs de l’école ou à la récré, ils vivent sans nous des expériences de tous genres.. Nous ne pourrons qu’écouter les bribes d’anecdotes qu’ils voudront bien nous raconter et essayer de traduire les baragouinages des plus jeunes..

Il y aura sans doute eu un peu de stress, quelques larmes, des sauts d’excitations, des câlins un peu plus longs, des bisous volés.. la rétrospective mentale des années passées face à nos bambins qu’on aura pas vu grandir…  De toute façon, les jours sont longs mais les années passent vite.. et c’est encore plus vrai en été..

Alors.. 

Vous vous êtes préparés! Vous avez fait vos courses de rentrée en avance.. (même si pas autant que les grands magasins qui, eux, sont prêts depuis août) Vous avez négocié pour garder une année de plus le cartable vieillissant contre l’achat d’un sweat zippé trop cooooool (lire avec le ton siou-plaît!). Vous avez encore une fois hésité à faire une commande sur les sites d’étiquettes , avez finalement opté pour l’inscription au bic dans un coin de chaque vêtement.. Mais avez craqué pour les jolies gourdes et des packs gouters qui seront plus pratiques et un peu plus écolos.. Et puis, évidemment un tour sur le Luniistore pour acheter les dernières histoires en date sur la rentrée scolaire… Leurs habits et sacs ont tous été préparés hier soir, choisis avec eux.. Tout le monde a dîné assez tôt pour qu’ensuite ils aient le temps de jouer tranquillement avant de se brosser les dents, se mettre en pyjama, choisir les livres, écouter l’histoire de papa, puis la boîte à histoires.. un dernier câlin de maman.. et hop! à 21h, extinction des feux!

La bonne blague…!  ça, c’est ce que vous aviez prévu, rêvé… Mais en vrai.. la dernière semaine de vacances des enfants a été un peu chaotique.. le retour des rituels pas vraiment suivis.. les négociations pour glaces, bonbons et autres dessins animés quasi permanentes… Valises défaites.. ou pas vraiment.. ou un peu.. Maison dans son jus..

Il est temps de revenir à la vraie vie.. et à son quotidien qui, à cet instant, semble rassurant et un brin moins fatigant… Vous irez sur le net trouver des fournitures bradées; chez decathlon, vous exhumerez les derniers modèles assez robustes pour survivre au mois de septembre, les habits des uns iront aux autres.. et..

… ce sera très bien comme ça…
Parce que.. Tout ira bien. Si, si.. C’est sûr.. Tout ira bien. Vous avez équipé vos enfants avec le strict nécessaire: l’Amour.. Le reste, c’est surfait.. Le reste.. c’est du bonus..

Alors, ça ira.. Que vous les ayez déposé ce matin tranquillement ou à la va-vite.. Avec un bisou sur la joue ou dessiné sur la main.. Que vous les ayez pris en photo avant de partir, ou glissé une photo de famille dans leurs sacs.. Vos enfants savent que quoiqu’il leur arrive aujourd’hui et par la suite, vous serez là, pas loin, toujours un peu sur le qui-vive, pour les défendre ou les accueillir. En tout cas, pour les aimer et les accompagner..

Ubuntu

“Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous”

Cet homme a pour lui seul une Journée Internationale! Incroyable, Non? C’est comme avoir un prix Nobel, qu’il a eu aussi.. en mieux.. Depuis le 18 juillet 2010, chaque citoyen du monde est invité à consacrer 67 minutes de son temps à une œuvre au service de la collectivité, en hommage aux 67 années que Mandela a consacré pour l’égalité, la justice sociale, la réconciliation et la diversité culturelle.

Nelson Mandela a combattu l’apartheid en Afrique du Sud avant de devenir président de la République de son pays après les premières élections nationales non ségrégationnistes. Il a été l’un des dirigeants historiques de cette lutte non violente pour ensuite fonder la branche armée chargée du sabotage systématique des installations publiques et militaires. Pour toutes ses actions, il sera emprisonné presque 27 ans avant de recevoir le Prix Nobel de la paix en 1993. Élu président de la République d’Afrique du Sud en 1994 jusque 1999, il se consacre ensuite à la défense des droits de l’homme au travers d’associations luttant contre la pauvreté ou le sida.

Qu’est ce qui pousse un humain à se transcender et à lutter pour une cause juste? Un jour, quelque part, quelqu’un trouve la force de se lever et d’œuvrer pour améliorer le Monde. Bien sûr, cette femme ou cet homme aura ses défauts, ses contradictions. Il n’est pas nécessaire d’être parfait.e pour devenir une héroïne / un héros. Et tout le monde n’est pas obligé de l’idolâtrer comme un.e sauveur.se. Tout le monde n’aura pas sa force, ni ses faiblesses. Et peut-être que personne ne le comprendra complètement. Avait on vraiment besoin d’une journée Mandela pour se souvenir? Il suffit d’entendre Johnny Clegg et nous savons.. Non?

Non. Il faut se souvenir des héros; quels qu’ils soient. Parce qu’au bout du compte, ils finissent toujours par mourir.. Les souvenirs s’estompent, les témoignages se font rares. Certes, les musées, les monuments restent, mais.. En fin de compte, le peuple oublie. Oui, l’oubli est facile quand les générations passent et qu’elles n’ont pas connu la peur, la violence et les cris. Tout peut être remis en cause quand les témoins directs, quand les acteurs des événements disparaissent. Soudain, les crimes, les mensonges, les actes délictueux ne sont plus si graves, ne sont plus si terribles. L’abominable, s’il n’en devient pas acceptable, n’est plus haïssable. On s’endort, fort d’une certaine idée du passé, pensant qu’un retour en arrière est impossible, l’évolution naturelle ne le permettrait pas. Sauf qu’on oublie.. Pour que ce soit plus facile à vivre.. Parce que pour ce soit imprimé dans sa chair, il faut que cela soit vécu. C’est terrible de dire ça.. Et pourtant.. Ce qui n’est pas proche de vous, vous touche moins.. C’est un fait. Le monde moderne anesthésie les douleurs et les tristesses des plus riches à coup de médias 24/24-7/7, en les divertissant pour qu’ils regardent ailleurs ou en leur faisant peur.. Et les plus pauvres, en les assommant d’injustices, de malheurs et de divertissements absurdes. Ceux qui osent se rebeller et chercher ailleurs un peu de bonheur échouent face contre terre, le cœur gorgé d’eau, sur des rives étrangères ou familières..

On pensera ce qu’on voudra:
Que les Journées Internationales sont inutiles et que personne ne donnera 67 minutes de sa journée, 1 fois par an, pour un homme mort qui a voué sa vie à réconcilier un peuple. Que nous sommes plus évolués qu’au siècle dernier, comme on pourra toujours imaginer qu’un parti politique d’extrêmes n’arrivera jamais au pouvoir et ne cherchera pas à exterminer d’autres peuples, encore. On pourra toujours se donner bonne conscience en se disant que d’autres osent à notre place.. Se dire que ce n’est pas notre faute, que nous n’avons pas le pouvoir de décision, que nous n’y pouvons rien car pas assez puissants.

Alors, heureusement que cette journée est là pour nous rappeler que TOUT est possible. La vie de cet homme en est la preuve: il a initié, avec d’autres, le changement.. l’histoire d’un pays tout entier…

On va au Parc ?!

Qu’on soit parents solo ou duo.. Que le soleil soit de la partie ou que la pluie nous pourrisse la vie.. On a tous galéré à occuper nos enfants à un moment ou à un autre… Que ce soit en vacances ou à la maison, qu’ils aient un écart d’âge important ou non, qu’ils soient du genre calme ou agités du bocal… Un jour, on a tous soufflé en se demandant ce qu’on allait bien pouvoir leur faire faire… Peut-être que vous avez écumés tous les parcs de votre ville.. Ou alors vous venez d’emménager… Ou êtes seulement de passage.. En tout cas, voici un petit coup de pouce:

Sur ce site participatif, vous trouverez les parcs que “des parents comme vous” auront signalés sur la carte… Vous pourrez consulter les avis, laisser le vôtre… il y a même une page FB avec quelques événements signalés.. Il existe également des sites qui référencent les aires de jeux et autres parcs.. Il n’est pas certain du tout qu’ils soient complets mais leurs cartes étant facilement consultables, vous pourrez compiler leurs données.. Sur ce site, il suffit de cliquer sur la carte de France pour obtenir le nom de toutes les structures existantes, gratuites ou payantes, classées par villes. Le numéro de téléphone peut être obtenu en appelant un numéro surtaxé mais vous n’en aurez probablement pas l’utilité. Il existe toute sortes d’annuaires ou vous pourrez consulter des avis ou laisser le vôtre sur les parcs payants. Pour ceux qui auront besoin de se mettre au vert, Wikipédia a une liste de tous les parcs et jardins publiques de France, mais les jeux seront probablement en option… Enfin, il existe 2 applications mobiles: l’une est italienne comme son nom ne l’indique pas: Playground around the corner et la deuxième a été créée par 2 mamans américaines Playground buddy. Cerise sur le gâteau! Momes.net met à disposition un listing des aires d’autoroutes avec jeux… Parce qu’on a toujours besoin de sortir la carte “Aires de jeux” de sa poche…

Aaah les parcs municipaux et leurs aires de jeux… un vrai sujet… Il faudrait avoir le temps de contacter les mairies pour leur dire: “S’il vous plaît.. Ne plantez pas juste à un endroit quelconque un toboggan et une balançoire… Essayez de réfléchir aux matériaux, et à l’agencement…” Qui ne connaît pas cette aire de jeux impraticable parce qu’en plein soleil? Bien sûr, on veut occuper nos enfants mais attendre aux urgences parce qu’ils se sont brûlés les fesses n’est pas l’activité estivale dont on raffole… On peut sans doute connaître les finances d’une ville et l’intérêt que portent les élus envers les enfants de leurs administrés en observant l’état et le sol d’une aire de jeux d’un parc municipal: Peu de poubelles, des jeux vieillots ou mal entretenus, vieux bancs décatis et en plein soleil, petits cailloux ou sable au sol= finances en berne et intérêt zéro.. Diversité des jeux, quelques poubelles, bancs ou tables de picnic, et si le revêtement est souple et amortissant, on peut penser que la mairie a envie de prendre soin de ses familles.. et pourquoi pas de ses visiteurs… Si le sol est composé de particules de bois et les jeux innovants, voire intelligents, alors la politique de la ville pourrait être résolument tournée vers la nature..

Il arrive que lors de balades impromptues, on tombe sur des aires où l’on a clairement besoin d’un mode d’emploi pour comprendre comment y jouer.. Comme si, le concepteur, qui bien entendu n’a pas de progénitures, s’était dit: “les enfants sont comme des petits singes.. Ils grimpent partout, feront à peu près n’importe quoi.. Ils trouveront quoi faire..” Sauf que ces enfants ont des parents qui ne tiennent absolument pas à ce qu’ils se foulent la cheville, cassent le poignet, ou pire.. le petit doigt de pied…

Et c’est ainsi qu’il existe un peu partout en France des aires de jeux désertes, brûlant d’accueillir des gamins déchaînés mais qui ne verront rien d’autre que des ados en perdition.. et des rongeurs dans les poubelles..

Journée Mondiale des compétences des Jeunes

La compétence… Ce mot est devenu à la mode dans le monde du travail.. On ne parle plus seulement d’expériences, de savoirs acquis ou de capacités. Il s’agit de savoir “mobiliser dans l’action un certain nombre de savoirs combinés de façon spécifique en fonction du cadre de perception que se construit l’auteur de la situation” Richard Wittorski. Cette journée mondiale vise à aider les jeunes à développer leurs compétences afin d’accélérer leur transition vers le monde du travail. Plusieurs données sont à prendre en compte: l’augmentation de la population et donc du nombre de personne arrivant sur le marché du travail chaque année, la hausse du chômage, les inégalités, la pauvreté.. C’est ainsi que la communauté internationale essaie d’avoir une approche globale de la situation et cherche à développer l’accès à l’éducation et à la formation. Les diplômes ne font pas tout.. Beaucoup de jeunes universitaires sont finalement mal préparés lorsqu’ils recherchent un emploi. L’accès à l’enseignement et à la formation techniques et professionnels (EFTP) est un objectif primordial et fait partie d’un programme de développement durable pour 2030 adopté par les Nations Unies.

La question qui se pose est l’enseignement distribué aujourd’hui en France permet-il de préparer les jeunes à la vie professionnelle? Ces mêmes jeunes ont ils la possibilité de développer leurs talents, leurs aptitudes, peuvent-ils exprimer leurs préférences ou sont-ils obligés de se mouler dans des cases? Les conseillers et les professeurs les prennent-ils dans toute leur individualité, leur spécificité? Ou leur indiquent-ils un chemin, une voie toute tracée par la société? Filière générale, technologique ou professionnelle… quels à priori? Gamin.e.s, on a tous vu un.e conseiller.e d’orientation à l’école, sommes allé au BDI (Bureau de documentation et d’information), avons lu les brochures ONISEP.. Mais ce n’est pas ça qui fait naître une vocation.. Ce qui compte, c’est aussi l’enseignant qu’on a face à soi.. C’est la Vie que l’on observe, les modèles que l’on rencontre, les expériences que l’on accumule. Est ce que l’éducation nationale permet aux jeunes de se confronter à la réalité, à se faire un avis sur un métier? Il n’est pas certain qu’un seul stage d’une semaine soit suffisant. Il n’est pas dit que rester assis à un bureau pendant des heures à écouter un professeur déclamer son cours soit le meilleur chemin pour se connaître.

Arrive-t-on jamais à savoir qui on est vraiment? Ce qu’on est? Ce qu’on vaut? Ce qu’on veut être? Ce qu’on sera? Et puis, dans un pays de traditions judéo-chrétiennes, cela peut-être aussi compliqué de se voir, de s’accepter, de se montrer vraiment tel que l’on est…. Sans s’excuser, sans se flageller.. Être.. à soi.. Assumer ses talents, ses acquis, ses compétences. S’imposer dans un monde qui voudrait peut-être que l’on soit quelqu’un d’autre, que l’on fasse autre chose. Et ne pas se perdre… Ne pas s’oublier.. Dans un monde qui parfois rend sourd et aveugle.. dans un quotidien qui peut devenir abrutissant.. Des contraintes financières qui prennent en otage tout un avenir…

Il existe des Ateliers permettant aux jeunes de s’orienter en toute tranquillité vers un avenir professionnel choisi, en fonction de leurs compétences, de leurs appétences… Il existe aussi des lieux ressources pour les adultes qui auraient endossé d’autres rôles et souhaiteraient se retrouver..

Et puis, comprendre que l’univers professionnel, c’est un tout.. Qu’un parcours peut emprunter quelques détours, et que ce sont les expériences diverses et variées qui permettent d’acquérir et de renforcer ces fameuses compétences… pour finir par atteindre un métier qu’on n’aurait pas imaginé à 15 ans..

Ah ça ira! ça ira!

Chaque année, les 13 et 14 juillet, on se prépare pour assister aux feux d’artifices prévus par toutes les communes de France pour célébrer la Fête Nationale. C’est à dire, un événement fêté par tous les français où qu’ils soient. Une fête où l’on chante et danse à la mémoire de.. à la mémoire de qui? de quoi?

Le mardi 14 juillet 1789, à Paris, la Bastille, forteresse royale où l’on emprisonne des traîtres à la couronne, fut assiégée, pillée puis démolie dès le lendemain. On sait aujourd’hui qu’il s’agissait pour les émeutiers de récupérer les munitions qui étaient entreposées dans le bâtiment quasi vide. Mais la prise de la Bastille est devenue au fil du temps un symbole de la révolution. A la date anniversaire, un an plus tard, on organisa la Fête de la Fédération, où La Fayette, commandant de la garde nationale, le président de l’Assemblée Nationale ainsi que le Roi et la Reine prêtèrent serment de fidélité aux lois nouvelles. Les années qui suivirent furent plutôt chaotiques, entre monarchie constitutionnelle et exécutions royales.. La République se construisit lentement en prenant quelques détours.. C’est presque 100 ans plus tard, en 1880, que le 14 Juillet fut adopté comme date de la Fête Nationale Française, sur proposition du député Benjamin Raspail, avec l’argument que ce jour commémore à la fois un symbole révolutionnaire ET l’union nationale autour du serment civique.

Aujourd’hui, peut-être que le feu d’artifice est là pour nous rappeler le côté vaguement “guérilla urbaine” qu’il y a du avoir à l’époque.. mais c’est devenu surtout une fête familiale, amicale où l’on se balade tard le soir dans les rues de la ville. Après avoir cherché une place pour garer la voiture, mis en sécurité les vélos, claqué la porte de la maison pour les locaux, le monde se dirige en une seule vague lente mais décidée vers l’endroit où se tiendra le spectacle. Pull autour de la taille, enfants sur les épaules, on profite du soleil couchant sur ciel dégagé et on est heureux de partager cet instant.. et soucieux de trouver le meilleur endroit pour admirer.. Pour ensuite aller danser au bal populaire.. Pas sur que ce soit le feu d’artifice seul qui parvienne à rassembler un peuple… Peut-être que c’est un tout.. les blagues séculaires du genre “ Ah! Maintenant on sait où sont passés nos impôts!”, la chaleur humaine à force de se presser contre les barrières ou dans les transports en commun, ce côté transgressif d’être dans la rue plutôt que devant sa télé ou dans son lit..? En fait, pendant l’événement, personne ne songe à prêter un quelconque serment ou à chanter la marseillaise… Quelque part, c’est juste une fête à thème.. On a la fête de la musique en juin, en juillet c’est une fête avec feu d’artifice qui se termine parfois à la caserne.. Est ce qu’elle ne serait là encore que pour le tourisme et l’économie? Ou histoire de dire au monde entier: “ Hey les gars, nous, on a fait la révolution, hein! On est des bons! Donc on mérite bien de fêter ça!”

Quand on est gamins, et qu’on est dans un club de plage, en colonie ou ailleurs.. On nous fagote, on nous déguise… On fabrique des trucs bleu-blanc-rouge.. On nous raconte des histoires d’insurgés et de rois injustes décapités… Mais est-ce qu’on nous explique l’injustice? Est ce qu’on nous explique le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes? Est ce que même si l’école est finie, on nous détaille l’histoire de France pour comprendre ce qu’il se passe? Pas sur..

Cela dit.. Depuis 2016, le 14 Juillet est aussi (re)devenue une date tragique. Ce soir-là, une certaine idée de la France a été attaquée, une certaine façon de vivre a été malmenée. Il y a eu des blessés, il y a eu des morts. Français ou étrangers.. Peu importe. Tous étaient venus admirer un spectacle célébrant le point de départ d’une Nation Républicaine, le fondement de la Démocratie Française.. Dans ces terribles moments, nous pouvons nous rappeler notre appartenance, nous nous rappelons et nous nous unissons pour refuser et combattre la barbarie et l’ignorance.

Même si c’est un symbole qui s’est édulcoré avec le temps, la Fête Nationale est nécessaire car elle rappelle au peuple français, et pourquoi pas aux peuples libres, qu’il est possible de tout changer, qu’il est possible de demander des comptes aux grands de ce monde. Et finalement, pourquoi ne pas y voir comme un avertissement qui gronde: fort de son histoire, le peuple français veille…

Haaave you met.. Kiffe ton cycle?

Qui à la maison, en sortie, dans son travail n’a pas déjà entendu ce genre de réflexion: “bah, elle a ses règles ou quoi?”? Qui n’a pas subi les conséquences d’un cycle menstruel douloureux, fatigant, perturbant, décevant, étonnant, disruptif…? Il y a quelques chose de tabou dans ce phénomène mensuel qui a toujours empêché une compréhension plus globale et bienveillante du corps féminin.

Oooh, bien sûr, on a tous assisté à nos cours de biologie.. Et franchement, c’est un désastre.. Pourquoi?  Parce que si notre éducation sur la biologie et l’anatomie des corps dépend du bon vouloir et du talent d’un professeur des écoles, in fine notre éducation sexuelle également… Sans aller jusqu’aux positions du KAMASUTRA, il apparaît que personne, absolument personne, ne nous parle ou ne nous intéresse au corps féminin tel qu’il est ressenti par… nous… Personne?

Non, il y en a une qui a décidé d’observer son corps et son cycle. Il y en a une qui a décidé de faire d’elle-même une alliée… C’est Gaëlle Baldassari de kiffetoncycle.fr

Évitons de parler des clichés, du rôle de la Femme dans l’ancien temps et du caractère reproducteur très réducteur du sexe féminin. Évitons également de mentionner les remises en question régulières dans certains pays du droit de la Femme à disposer de son corps. Mais nous pouvons regretter que de nos jours une femme puisse à ce point méconnaître son corps qu’elle en déteste son cycle ou le néglige. Parce que lorsque l’on connaît quelque chose, on l’accepte mieux et on peut se battre par et pour lui.

Nous pouvons saluer le clitoris et son retour (ou arrivée) sur la scène de l’information… Cela dit, le plaisir n’est pas tout.. Il y a la vie au quotidien.. Avant de choisir parmi la multitude de mode de contraception qui ont « libérés » nos mères, il est important de s’observer, de se connaître et s’accepter. Parce qu’il doit être pris en conscience et en connaissance… Mais comment savoir que l’on sait tout ce qu’il y à savoir quand déjà la grande inconnue est notre propre corps??

Gaëlle propose des formations avec des vidéos délivrées sur plusieurs semaines, a écrit un livre, tient un blog, une page facebook

Par les temps qui courent, et surtout avec les réseaux sociaux – parce que courir, c’est fatigant-, une jeune fille doit être informée de la meilleure de manière, c’est à dire sans tabou, sans jugements et avec bienveillance. On est loin des temps obscurs où le sang était impur et la femme devait se cacher.. (Ah bon? Partout?) Enfin, lorsqu’une femme se décide à fonder une famille avec un.e partenaire, et qu’elle rencontre des difficultés, elle met encore trop de temps à être diagnostiquée d’une maladie comme l’endométriose. Pourquoi?  Parce qu’elle met du temps à en parler aux médecins qui la suivent, elle ne fait le lien que tardivement et ses docteurs aussi… Pourquoi? Principalement, parce qu’est encore bien ancrée dans les esprits que quand on a ses règles, on souffre, et c’est normal… NON! Avoir des règles douloureuses n’est pas normal, ce n’est pas la conséquence des actes mauvais perpétrés par la Femme depuis des générations, une femme ne paye pas ses crimes en perdant du sang chaque mois. 
Finalement, Gaëlle introduit l’idée que notre corps peut être notre meilleur allié, qu’un cycle peut être un coach extraordinaire, et rien que ça, ne serait-ce que l’envisager, c’est une petite révolution…  🙂