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Et si je gagnais au loto? #10dumois

Parfois, je lève les yeux au ciel et j’ose prier, que dis-je, supplier un peu d’aide… J’avoue que si une aide financière pouvait nous tomber de là-haut, ce s’ rait pas d’ refus.. Bon.. ça n’est encore jamais arrivé…

Par contre, il y a cette fameuse loi de l’attraction.. Vous savez.. Mais si.. Celle qui dit que le bus arrive quand on a allumé une clope.. Désormais pour moi, c’est plutôt celle qui dit que ton gamin va faire caca dans son slip quand t’as pas pris de rechange…

Il paraît qu’il y a aussi celle où tu fais en sorte que tes pensées positives attirent à toi l’abondance, le bonheur etc.. Une sorte de visualisation bienheureuse du futur qui l’attirerait et lui permettrait de se réaliser.. C’est marrant, moi, c’est dans l’autre sens que ça marche..

J’ai essayé d’attirer le ticket gagnant du loto.. Et même le morpion à gratter qui ajoutera du beurre à mes épinards (plutôt de la crème fraiche, c’est meilleur)…. Maaaaiis, non, l’Univers ne veut pas me faciliter la vie.. Bien obligée de me retrousser les manches… J’ai beau négocier.. démontrer par A + B que je suis une bonne personne et que ce serait vraiment pas gâché de me filer un peu de thune… que je partagerai.. que je rendrai le monde meilleur.. Une sorte de Bill Gates à la française et au féminin, si’ou plait.. Cela dit, est ce que je ne vois pas trop petit… ? Peut-être qu’il suffit de rêver plus grand.. See « A bigger dream… »

Sur le net, il y a une étude qui donne les numéros les plus souvent sortis en 12 ans… Mais du coup, je me demande.. Faut les jouer ou les éviter ?? Comme je suis une fille sympa (mais oui, Amma Gourou à la française, j’ vous dis!), les voilà :

41-13-22-1-15 et les numéros chance : 7 et 1

Dans l’article, ils disent qu’on ne pourra vérifier si ces numéros sortent vraiment de façon récurrente qu’en 2676…. Il existe même un site qui donne des pronostics sur le Loto.. Les numéros les moins fréquents, les plus attendus etc… Hum.. De toute façon, il paraît que les chances de remporter le gros lot ne seraient que d’une sur 19 millions de combinaisons différentes… 😮 Bref..

Si je gagnais au loto, je sais que ce poids financier sur mes épaules serait sans doute un peu allégé.. ça, c’est plutôt cool… Comme je m’appelle pas Oui-Oui, il est fort probable que cette inquiétude quotidienne serait de toute façon remplacée par d’autres soucis, tout aussi difficiles à porter. Ce qui est sûr, c’est que je joue « trop » rarement et que dans le fond, c’est CA le problème !

Alors, okay, imaginons, de retour dans la maison de la presse, je viens vérifier mon ticket et je gagne :

  • 3€, mise de départ, perdu pour perdu, je rejoue.. et reviendrai demain pour vérifier..
  • 6€, je rajoute des jeux à gratter… selon l’humeur et la superstition du jour.. Mais pas un truc trop compliqué.. je risquerai de gratter les mauvaises cases..
  • 12€, je réfléchis.. Je fume plus.. Ah mais j’ai des enfants.. donc je fais un petit tour du côté des magazines enfants.. Savez ceux avec les petits jouets en plastiques tout pourris, qui coutent un bras, font du bruit et durent 2 secondes…
  • 36€, alors là, je réfléchis plus.. Je garde et je passerai à la cave du coin pour nous prendre une petite bouteille de récoltants bien sympa..
  • 108€.. Oh punaise ! A ce stade, mon esprit s’affole! Un resto? Un ciné? Une journée au parc d’attraction du coin ? Merde, non.. Avec le covid, trop compliqué.. OMG! 108€, c’est énooorme! Première fois de ma vie de ouf !! Je poste sur les RS une photo de mon ticket et pleins émoticônes! Ça me fait ma journée.. Trop contente.. Au final, je les dépenserai en faisant les courses de la semaine.. et oserai sans doute me prendre un petit plaisir (saucisson ou chaussons, je ratisse large..).
  • 324€.. Sérieux ???? Oh punaise ! On va pouvoir prendre rendez-vous au garage pour le Scenic !!! Ah non, en fait, ça éponge le découvert du mois.. Bon, c’est déjà ça.. Mais euh, du coup, ça veut dire que j’ai utilisé ma carte chance aux jeux ? Est-ce que ça va revenir un jour ? Bon aller, je rejoue 3€, on sait jamais..
  • 972€.. Merde ! En 5 minutes, je gagne presque un salaire.. ou une échéance de prêt… J’en reviens pas.. Aller, hop ! A la banque !
  • 2916€… J’ai plus de mots.. C’est con.. J’ai les larmes aux yeux.. Mais je sers les dents parce que c’est vraiment con de pleurer pour de l’argent..
  • 8748€… Abasourdie, j’ai du mal à croire que je ne rêve pas.. J’imagine les travaux qu’on va pouvoir avancer, et la vie qu’on s’était imaginé qui va être un peu plus près de nous..
  • 26244€.. On rembourse ceux qui nous ont aidé jusqu’à maintenant et après qu’est ce qu’on fait ? Les travaux ? La voiture ? L’épargne ? Le prêt ?…
  • 78732€.. On fait tout ça mais avant, on va voir nos aimés.. et on prend le temps de vivre.. On respire…

Voila.. Avant d’écrire ce billet, je m’étais dit: « tu devrais jouer, on sait jamais.. C’est peut-être un signe, ce thème.. ». Évidement, j’ai pas joué.. pas eu le temps.. Pi pourquoi faire, si c’est pour perdre… ?

La vérité, c’est que l’argent, même si c’est pas important, même si tout ne devrait pas tourner autour, même si ça pue parfois.. Bah, c’est quand même mieux quand on en a..

Y’a que les gens aisés qui ne savent pas ou ne se souviennent pas à quel point tout est choix difficile quand on surveille ses fins de mois.. et à quel point c’est bon de mettre un peu de beurre dans les épinards.. (mais purée, qui a inventé cette expression ?? Avec la crème fraiche, des lardons, des échalotes et des œufs durs, C’EST MEILLEUR J’VOUS DIS!!)

Ce que j’aime le plus chez moi #10 du mois

J’étais allée voir fin avril le thème du mois de mai… Et voilà que nous sommes déjà le 10 sans que je n’ai rien écrit.. Pourtant ça a carburé dans ma caboche pour essayer de comprendre cette phrase :

« ce que j’aime le plus chez moi »

Mon premier réflexe, celui de toute une vie, a été de dire : « rien ». Oui, vraiment. Je pourrai disserter sur mon enfance, mon éducation, etc… Mais je ne suis pas certaine que ce soit si intéressant que ça.. Et en fait, je pense qu’on est nombreuses dans ce cas à vouloir ou pouvoir le dire, à différents degrés.. Là, je pourrai placer un petit paragraphe sur la société qui opprime les femmes, leur imposant un certain standing, une pression qui ne dit pas son nom.. etc..

Bon.. « ce que j’aime le plus chez moi »..

J’aime la famille que j’ai créée.. j’aime le regard de mon mari sur moi.. j’aime nos enfants.. j’aime notre maison.. j’aime la maturité acquise avec l’âge.. Est ce que je peux dire aujourd’hui : « ce que j’aime chez moi, c’est moi ».. ? Pas encore. En ce moment, je suis plutôt dans un sas.. une sorte de sas de décompression.. Dedans, on s’y adoucit, on y expérimente la bienveillance envers soi-même.. Avant, j’aurai dit : j’ai ce garde-fou qui me préserve de tout excès, d’un égocentrisme exacerbé… Maintenant, je comprends qu’il m’empêchait avant tout d’être satisfaite de moi et de tout ce que je pouvais accomplir..

« ce que j’aime le plus chez moi »…

Faire une liste de mes qualités ? Rien que le mot me fait tiquer, la définition du Larousse encore plus: « manière d’être (…) qui correspond à ce qu’on en attend (…) que l’on juge positivement (..) titre au nom duquel on agit (…) qui répond à la question de savoir si la manière d’être d’un sujet peut être affirmée comme existante ou non (…) »

Je crois qu’on peut toutes et tous dire que le drame de notre vie a longtemps été d’essayer de correspondre à ce que l’on attendait de nous sans jamais vraiment y arriver… Et je crois aussi qu’on a toutes et tous cherché à un moment donné de s’en affranchir, avec plus ou moins de réussite. C’est probablement un sujet qui est aussi vieux que le monde… Donc mes qualités sont celles que les autres m’attribuent, mais je ne les déterminerai pas moi-même car trop réducteur, un petit peu trop CV… Je ne serai pas à la hauteur de vos attentes, je le sens.

Voila pourquoi, sans doute, je pense en premier lieu et par défaut à tout ce que je ne suis pas et ne serai jamais. A toutes mes failles, à tout ce que je ne sais pas ou cru savoir.. A tous mes gadins, mes bosses et mes bleus… A mes excès et mes manques.. A mes larmes et mes cris.. A ceux qui me sont restés en travers de la gorge.. A mes choix, plus souvent les mauvais que les bons.. Aux gens que j’ai déçu ou qui m’ont déçue et à ceux que j’ai laissé derrière.. Tout ce qui m’empêche de dormir et ce qui me réveille trop tôt..

Ce que j’aime le plus chez moi, c’est ça.. C’est la vie dans toute son imperfection…

Les failles… Les accepter plutôt que les repousser.. Ce n’est pas s’y adonner sans complexe. C’est sans doute plutôt se donner les moyens de les dépasser.. Chercher à s’améliorer, non pour être parfaite aux yeux des autres mais aux nôtres, selon nos valeurs, nos attentes propres..

L’orage qui gronde annoncera toujours le beau temps.. C’est une certitude.. L’un ne va pas sans l’autre.. Alors, apprenons à danser sous la pluie puisqu’il lui arrive de tomber… Et plantons nous de temps en temps, nous pousserons mieux..

A nos actes manqués – Fredericks, Goldman & Jones

Prendre soin de soi #10 du mois

10 jours que je tourne en boucle sur le thème du mois d’avril de Egalimère… « prendre soin de soi »…

Comme toute mère qui se respecte, le confinement, c’est pas franchement des vacances pour moi. Du coup.. Suis un peu plus longue à la détente.. Pi c’est quoi ce thème ?! Une banale prise de tête sur les injonctions d’une société qui accessoirise la femme en lui intimant en même temps de suivre la voie du développement personnel… Un truc mi-schizo, mi-alzheimer…

Bref.. J’avais du mal à trouver un angle d’attaque pour ma dissert’ du mois.. Jusqu’à ce que je m’observe in-situ.. c’est à dire, en plein confinement..

Au début, je pensais que ça ne changeait pas grand chose.. et puis, j’étais contente de ne plus avoir à faire toutes ces allers-et-venues.. jusqu’à ce que je m’aperçoive qu’en fait, je n’avais plus de temps pour moi… mais genre.. plus du tout… Déjà, avant.. faire pipi tranquille était difficile mais là… là… Est-ce que c’est grave de griffonner sur la case « c’est compliqué » ?

Je dois préciser quelques petites choses :

– Je suis loin d’être parfaite.. Oui.. C’est comme ça… Un jour, je vous dirai comment je l’ai su.. ou pas.. Je tends à m’améliorer, et quelque part, c’est l’essentiel, je crois..

– De base, si je devais être un personnage de Vice Versa, je serai Colère… Je travaille dessus, merci de vous inquiéter.. Joie arrive en second et tristesse en 3ème.. Ou c’est l’inverse.. Ou je ne sais plus.. Parlons-en quand on sera libérés-délivrés, voulez-vous ?

– Alors, donc, j’adore mes enfants la plupart du temps.. J’ai mis longtemps à fonder une famille, pas par choix, hein.. Donc forcément, quand ils sont nés, bah, on était bien contents… ça n’empêche que je rigole bien sur les RS quand je lis des panneaux de parents épuisés, dépressifs et qui s’arrachent les cheveux.. Tout simplement parce que je le suis moi-même et que je pratique allégrement le second degré…. D’autre part, les RS ont une place bien précise dans ma vie..

Voila.. Donc.. Prendre soin de soi… Une douce utopie en plein confinement…

Il y en a qui y arrivent.. C’est génial.. Elles ont un programme.. Elles le suivent.. tous les jours… Dans leurs têtes, il doit y avoir le coach de Serena Williams.. Ou.. je sais pas…

J’ai essayé, hein.. J’ai vraiment essayé.. C’est l’essentiel, nan ? On a tenu, genre.. 10 jours… J’ai fini dans un sale état et je crois que cher et tendre avait peur d’aller bosser et de me laisser seule avec les garçons… Du coup, on a relâché la pression.. Maintenant, ça va mieux.. Bah oui, parce que, pardon, mais le confinement, il touche tout le monde, non ? Donc à la fin.. les enfants, ils en seront tous au même point.. Pas d’école, pas de récrés, pas d’activités extra-conju.. heu.. extra-scolaire.. 🙂

Relâcher la pression à propos des mômes, ça veut pas du tout dire que je prends soin de moi.. Un peu, oui.. ou alors indirectement.. Ce n’est pas ça qui va cultiver mon jardin intérieur me direz-vous… Et vous aurez raison !!!

Évidement, je suis quand même quelques règles… pas trop compliquées, faciles à tenir…:

– Le réveil sonne à 7h30.. J’ai du l’entendre une seule fois depuis le début du confinement, mes enfants étant (très) matinaux.. Mais rien que le fait de le régler chaque soir, je sais pas.. On n’est pas en vacances, bordel.. ! Gardons un cadre !

– A partir du jeudi, parce que le jeudi, c’est déjà un peu le week-end..A parti du jeudi, donc, le soir, je n’hésite plus à ouvrir une bouteille.. Bière, vin rouge, blanc, rosé.. Tout y passe, mais de façon très raisonnable puisque pas d’abus (;-)) Je pense attaquer la sangria d’ici peu et je me tâte pour faire une soupe champenoise à l’occasion de la prochaine grillade… J’y vois pleins d’avantages, notamment : plus d’angoisses du dimanche soir à l’idée que cher et tendre m’abandonne pour aller travailler et donc début de semaine bien détendue…

Avec le retour du beau temps, et donc des apéros et autres BBQ, hasard ou pas, il s’avère que mes fringues rétrécissent…… Mon sèche-linge doit m’en vouloir.. ça ne peut pas être le manque d’exercice, vu que je courre après mes enfants tous les jours… Il y a un camps de nudistes près de chez moi, je vais sans doute finir le confinement chez eux..

– Sur les réseaux, je ne dis rien de ce que je traverse avec les monstres que sont devenus mes enfants.. J’aurai peur de m’attirer les foudres de la bien-pensance, l’élite de l’éducation positivo-veillante… C’est bien connu, pour vivre heureux, vivons caché… En tout cas, si l’aide sociale à l’enfance vient chez moi, je saurai que ce sont mes voisins, lassés par mes cris, plutôt que mes amis virtuels… J’arriverai peut-être à les soudoyer avec des bonhommes en rouleaux de PQ, mes tableaux en peintures gonflantes et la tonne de coloriage que je stocke dans un placard… Avec un peu de chance, ils auront dans leur sacoche des cartouches d’imprimantes et du papier que j’arriverai à piquer pendant que mes fils attireront leur attention avec leurs acrobaties quotidiennes.

Ça n’enlève pas le fait que le confinement aura été bénéfique pour moi… Au vu de mes envies quotidiennes de fugue, j’ai vite compris que quelque chose clochait… Avec cette interdiction de sortir, j’ai pu constaté que j’avais purement et simplement disparu… Certes, cela fait 3 ans que je me débats dans les sables mouvants de ma propre existence.. Et donc, le confinement m’a aidé à atteindre plus vite (!) le sommet de mon vide intersidéral…

Ce qui m’a donné assez d’énergie pour rebondir, tel le ballon sauteur qui git, épuisé, abandonné dans le jardin par mes enfants.. (ça aurait pu être dans la maison, imaginez le carnage!)

« Il faut que ça cesse ! Quoi ? Bah, ça, là, cette situation ! Je ne suis pas la servante des uns et des autres… ça suffit! Marre d’avoir cette impression d’être la seule à habiter dans cette maison (comprendre être la seule à savoir où se trouvent et se rangent les choses..) » A mon sens, c’est ça.. prendre soin de soi ! S’exprimer ! Savoir ce qui ne va pas, le dire et ne pas transiger..

(de toute façon, j’ai jamais vraiment été du genre après-midi girly pour se sentir bien..)

On a tous envie de croire que le monde d’après sera meilleur.. Le savoir, la compréhension, le vécu… que grâce à ça, on peut changer… Mais pour combien de temps ? Je suis plutôt pessimiste à ce sujet.. Je pense qu’on peut tout oublier.. En fait, pour moi, on oublie pas forcément les événements mais on oublie l’intensité de ce que l’on a vécu.. Et selon le degré d’implication, cela va plus ou moins vite..

Mais…

Ce week-end, j’ai découvert la transmission transgénérationnelle des traumatismes.. Pour résumé, on peut dire que la souffrance traverse la lignée familiale, et j’aime à penser que cela sera jusqu’à ce qu’une personne soit prête à y faire face, la ressentir, la soigner..  Je ne vais pas écrire un essai sur le sujet, vous pouvez cliquer sur le lien plus haut ou googler (ou mieux aller sur un moteur de recherche respectueux) cet intitulé et vous faire votre avis par vous-même.. Il y a quelque chose qui résonne fortement en moi… Et ces mots qui sonnent , comme dirait Jenifer, c’est un cadeau du ciel..

Le peu que je sais des histoires familiales laisse présager que je ne porte pas la responsabilité de tout mon mal-être. Je me rends compte aujourd’hui, en ces temps confinés, qu’au lieu de me malmener pendant tout ce temps comme j’en avais l’impression, en réalité, je prenais soin de moi.. Ces moments, si longs, de désespérance où il m’a semblé que je ne m’appartenais plus, n’étaient en fait pas les miens.. J’ai envie de croire quand de ce monde de l’après, je saurai vivre ma vie parce que je saurai enfin me connaître et me respecter.

Sous quelle étoile suis-je né? – Michel Polnareff

Mauvais 1er avril

Marie est morte chez elle hier soir.

Son mari et elle étaient partis en week-end au Portugal avant la déclaration du président annonçant le début du confinement. C’était un cadeau des enfants.

Marie, elle était allée chez le docteur dès que la fièvre et la toux sont apparues et l’ont inquiétées. Ce médecin a fait comme beaucoup d’autres, et l’a renvoyé chez elle en lui conseillant pour tout traitement du doliprane, et une couette chaude et accueillante.

Tout en respectant les distances-barrières, leurs voisins déposaient dans le jardin des bouillons et autres soupes chaudes mais ça fait plusieurs jours que tous les deux, ils ne pouvaient plus rien avaler.

Hier, leur fils est venu à la maison et pour déjeuner leur a cuisiné des pâtes.. en vain.. Marie n’est pas sorti de son lit, trop faible. Le soir, lorsqu’il est repassé, elle s’est évanouie mais il a réussi à la réveiller.

A leur arrivée, les pompiers et le Samu n’ont pas réussi à la réanimer à sa deuxième perte de conscience.

Son conjoint n’a pas été emmené. Il n’est sans doute pas assez malade.. Son fils qui s’est approché d’elle d’un peu trop près va devoir probablement s’astreindre à une quarantaine sévère.

Marie est morte hier soir.

Et comme tous ceux qui la connaissait, je pleure sa perte.

Et j’ai peur. Parce que le virus s’approche.

Et puis, je suis en colère.. Contre ce monde fou.

J’ai envie de hurler que c’est dégueulasse de perdre comme ça, sans prévenir, quelqu’un de bien.

Que c’est injuste de demander aux soignants de se dévouer pour pallier aux décisions arbitraires de ces inconscients.

Que c’est lamentable de voir que là où l’argent manquait, il y en a désormais. (à moins qu’on ne le paye très cher demain ?!)

Que comme d’habitude, leurs décisions: nos morts.

Que c’est incroyable de devoir choisir entre vivre ou travailler.

Je voudrai que la terre entière sache que Marie est venue au monde, a vécu, a aimé et est morte.

Marie n’est pas un grand musicien, un politique reconnu, un journaliste ou un sportif. Marie n’aura jamais d’hommage dans les médias. Et probablement que Marie s’en ficherait comme de sa première chaussette.

Mais Marie n’est pas seule. Ils seront nombreux ceux qui mourront de cette saleté de virus.

Chez eux ou ailleurs… Des anonymes qui sont aimés, des personnes qui mourront seules, apeurées. D’autres contaminés parce qu’ils auront pris soin d’autrui…

Des jeunes, des moins-jeunes, des grands, des gros, des petits, des maigres, des chauves, des chevelus, des blancs, des noirs, des marrons, des jaunes, des arcs-en-ciel…

Nous sommes tous touchés, de près ou de loin..

Nous allons tous y laisser quelque chose… ou quelqu’un…

Je voudrai terminer en disant un truc du genre « alors restez chez vous.. blablabla..  arrêtez de commander sur le net.. et cætera.. vous baladez pas n’importe où.. stop aux soirées festives.. »

Mais franchement.. Là…

Je pense juste à Marie, qui est morte hier soir chez elle devant son fils.

Mes deux yeux pour pleurer – La Grande Sophie

Super Héroïnes du quotidien #10dumois

Le mois de mars nous est évidement dédié, à nous les femmes, pour ce #10dumois. Compliqué de ne pas faire une redite de ce qui a déjà été abordé pour la journée du 8 mars… Alors voilà…

Dimanche soir, est passé sur France 5 un excellent documentaire… « Tu seras mère ma fille ».. « Excellent, un qualificatif un peu fort pour un film diffusé sur France5 », vous direz-vous.. Mais il l’est vraiment et pour plusieurs raisons :

1- Mon mari l’a regardé avec moi jusqu’à la fin.

2- Il a provoqué chez nous ces conversations que j’aime tant, pendant (j’ai même du lui dire de se taire..) et après… Nous évoquons ce que nous avons vu, rapprochons à notre quotidien, notre vécu.. et tirons nos conclusions.. Et en général, ça nous permet d’évoluer.. C’est génial..

Ayant, dans mes jobs précédents, effectué du transfert de films de famille, j’ai apprécié voir ces archives familiales et publiques de temps révolus.. Mais j’ai surtout apprécié les 10 dernières minutes du documentaire, très actuelles, qui ont mis des mots sur ce que je ressens et vis ces dernières années en tant que mère et femme.. En voici un extrait de 3 minutes.. (pardon pour la qualité, mais j’espère que vous aurez envie d’en voir plus..)

« Pourquoi est-ce elle, la femme, qui devrait tout concilier ? Parce qu’elle porte l’enfant ? Ce serait le propre du féminin et moins du masculin ? »

Voila, on y est !

Parce que finalement, ce n’est pas un problème de genre… Il existe deci-delà quelques hommes qui sont prêts à prendre leur part (dont le mien).. Encore faut-il que la société leur en laisse l’occasion…

Nous sommes des centaines, voire des milliers, à pouvoir témoigner du regard du futur employeur sur notre ventre ou nos enfants en bas âge… Nous sommes légions à expérimenter chaque jour une course contre la montre pour déposer, puis récupérer, tout le monde à la crèche ou à l’école.. Et tout autant, à résoudre le casse-tête que représente l’organisation des activités extra-scolaires…

Moi je voulais un amoureux, des enfants.. Et vivre ma vie…

On ne m’avait pas prévenu qu’avec le package, j’aurai pas mal de fatigues et quelques frustrations de voir MA vie filer à toute allure.. Ce que j’ai mis entre parenthèses, c’est Moi, mon essence même… Ce qui fait ce que je suis, ce qui me définit.. Je ne suis plus libre, plus seule.. Je suis responsable d’autrui.. 2 petits êtres en permanence (et 1 grand en pointillé si l’on compte mon cher et tendre).

Et puis, finalement, je m’y suis faite… Je me suis dit que la Vie, c’est ça… aussi.. Que sans doute, selon les choix et les âges, selon les périodes, on étaient plus ou moins disponibles pour une vie professionnelle épanouie.. Qu’il faut de la patience…

Sauf que je vois bien que mon mari n’a pas eu à se dire tout ça.. Je vois bien que, malgré sa bonne volonté, je suis celle qui se demande si elle ne va pas accepter n’importe quel petit boulot à côté de la maison pour pouvoir gérer l’organisation familiale, quand lui accepte un travail à 45km de la maison… J’ai déjà écrit sur le sujet du couple et de l’arrivée de l’enfant.. On ne va pas refaire le match.. Je crois que si la mère comme le père avait les mêmes droits/congés, si notre société comprenait enfin que c’est en s’occupant de ses enfants que l’on en fait des adultes heureux et épanouis, tout serait plus facile…

Aujourd’hui, je me choisis donc comme Super-héroïne de Ma vie parce que je me rends compte de tout ce que j’accomplis au quotidien.. Je suis fière de moi parce que je tente tant bien que mal de me respecter..

Cela dit.. Je ne cache pas mon envie irrésistible de poser la cape une bonne fois pour toute.. Une retraite bien méritée.. en allant travailler… Ou avec les pieds sur la table, un verre à la main…

Parce que l’Amour

Je veux qu’on m’aime.

Comme je suis, et telle que je ne suis pas. Pour ce que je pourrai être et ce que je n’arrive pas à devenir..

Je veux qu’on m’aime.

Parce que je le mérite ou que je le vaux bien. Parce que je suis moi et personne d’autre.

Je veux qu’on me choisisse, qu’on me prenne dans son équipe.. Je veux qu’on m’admire ou qu’on me cajole.. Je veux des compliments et des mots doux, des câlins et des caresses.

Peu importe si j’en ai déjà, j’en veux plus.

Parce que l’Amour, c’est l’argent du pauvre.

Je sais qu’aujourd’hui, ça se mesure en like et partage.. Je sais que j’ai moins de friends ou de followers que d’autres.. Et que même les trolls m’ignorent… Je sais dire que ça n’a jamais d’importance.. Pourtant parfois… je ne sais pas si je n’étais plus là, est-ce que ça se verrai ou pas…?

Il y a quelqu’un qui m’aime.

Comme il est et tel que je le vois. Pour ce qu’il promet et ce qu’il sera.

Il y a quelqu’un qui m’aime.

Parce qu’on s’est rencontrés ou qu’il l’a bien voulu. Parce qu’il est lui et personne d’autre.

Il y quelqu’un qui m’a choisi, qui m’a voulu dans son équipe et à ses côtés. Il y a quelqu’un qui est fier d’être là ou de me porter quelquefois. Il y a quelqu’un dont je ne me lasserai jamais.

Peu importe si je n’ai que lui, je le veux encore.

Parce que l’Amour…

La Tendresse – Bourvil

Envie d’été et de voyages #10dumois

Est ce que nos relations avec les saisons varient en fonction de nos âges ?

Plus jeune, j’adorais le printemps et l’été, ça a toujours été synonyme de renaissance, fin de l’école, fenêtres ouvertes, oiseaux qui chantent.. J’aimais pas trop les autres saisons.. Pluie, grisaille, humeur maussade.. Pire : froid, ruptures, neige gadouilleuse provoquant de longs embouteillages

Je dirai que je n’en ai pas la même compréhension aujourd’hui… Sans doute parce que je ne joue plus dans la même catégorie.. J’ai commencé à saisir les nuances et à les apprécier… Une envie d’été et de voyages ?… Non.. Une envie d’insouciance… Un besoin d’innocence…Oui..

Quand tout, pour nous, était un peu moins compliqué, complexe.. Tout en étant si important, si nécessaire… Il y avait une sorte d’intransigeance, quelque chose d’impérieux.. On vivait… emportés par la Vie elle-même..

J’aime bien vivre au rythme des saisons.. Parce qu’aujourd’hui, je s ais observer autour de moi.. Je sais apprécier le temps long.. C’est plutôt satisfaisant. Un prix Nobel, Rabindranath Tagore, aurait dit « Celui qui plante des arbres, sachant qu’il ne s’assiéra jamais à leur ombre, a tout au moins commencé à comprendre le sens de la vie ». Est ce que c’est la vieillesse qui rend visible l’utilité de nos actes ? Est ce qu’en devenant adulte à notre tour, et donc en se rapprochant de la mort, nous avons besoin de trouver un sens à notre vie ?

En réalité, je crois que je voyage depuis bien longtemps.. Avant même de m’en rendre compte.. Je vois bien que souvent, j’ai la tête dans le guidon.. Submergée par le quotidien, par la nécessité de survivre dans notre société moderne.. Trop occupée par ces émotions que je n’ai pas appris à apprivoiser. Mais.. Il m’arrive de relever la tête.. Je parviens à éteindre la radio, trouver la télécommande de la Télé. Je contemple mon existence.. MON monde. Et je regarde le tableau dans son entièreté. Je l’observe de loin mais me place bien en face. Et puis, je me remets en route.. Parce que ce qui compte, ce n’est pas la destination.. C’est le voyage

Blablabla…

En vrai, dans la vraie Vie, celle qu’est encore moins sexy que moi dans mon pyjama en pilou de chez C&A, je rêve de retourner dans mon Écosse adorée.. Et mon cher et tendre rêve de revoir le Canada… A cette époque-là, on n’avait pas beaucoup plus de sous, mais on étaient jeunes, on étaient beaux, on.. n’avait pas encore de gosses… Ces 2 road-trips resteront sans doute les expériences les plus chouettes de nos vies.. Et ce serait génial de pouvoir recommencer..

L’excuse la plus facile, serait de dire qu’on n’a plus de sous.. ou encore moins qu’avant.. L’excuse la plus honteuse serait d’avancer qu’avec les enfants.. Ce ne serait pas la même chose… L’excuse la plus réaliste serait qu’en fait, on est trop fatigués pour pouvoir gérer et vivre un voyage.

Même si je repense de temps en temps à ces 15 jours « all inclusives » au Mexique d’il y a 15 ans ; En vrai, dans la vraie Vie, celle qu’est encore moins sexy que moi me jetant sur le fondant au chocolat tout juste sorti du four, mes envies tournent plus autour d’une amnésie temporaire concernant mes enfants me permettant de passer 1 semaine au lit, à dormir…

Day Tripper – The Beatles

Les Autres

Depuis quelques temps déjà, les autres sont une souffrance pour vous.

Le cocon familial (amour, enfants) reste votre bulle mais la famille (à peine) plus élargie est source de nombreuses émotions contradictoires. Quant à l’extérieur.. Le plus grand rôle de votre vie est de réussir à sortir de chez vous et de faire « comme les autres ». Vous arrivez à préparer les enfants pour la journée, les emmener à l’école ou à la crèche, dire bonjour aux uns et aux autres, faire les courses, aller chez le médecin, à la pharmacie quand l’un d’entre eux est malade.. Vous savez parler à la petite voisine qui aime bien faire sa commère, ou saluer le facteur quand il dépose le courrier…

Une fois à la maison… Vous vous sentez mieux.. Vous vous sentez vous. Vous êtes en sécurité.

Et en même temps, la torture commence.

Il y a d’abord ce logiciel, dans votre tête, qui analyse, décortique tout ce qui s’est passé à l’extérieur et qui relève tout ce qui est suspect, tout ce qui aurait pu se passer, tout ce qui ne s’est pas passé, tout ce que vous auriez du faire, tout ce que vous avez fait, ou dit.. comment vous l’avez fait ou dit..

Ensuite, une application autonome vous explique comment, même en étant chez vous, les autres peuvent vous atteindre.. Via les réseaux sociaux (que vous ne vous résolvez pas à quitter), ou en vous appelant grâce au portable, ou par mail…

Et puis il y a ces tâches en arrière plan : la culpabilité de ne pas être efficace, la mise en place de listes pour « faire ce qu’il y a à faire » puisque vous êtes à la maison…

Tout cela est énergivore au possible.. Se blinder pour ne pas être pris.e de court à l’extérieur, faire le dos rond à la maison en cas de coup de massue inattendu…

Une fatigue indicible se fait alors sentir.. Elle est là en permanence pendant que votre cerveau s’efforce d’ériger puis de tenir une barrière contre.. contre quoi ??

Contre vous-même en fait..

Souvent, vous allumez la tv.. La seule chose qui arrive à mettre en sourdine vos peurs et autres inquiétudes.. Avant vous lisiez.. Mais en dehors du fait que cela vous endorme maintenant au bout de 2 pages, vous aviez cette impression de décalage, vous n’habitiez plus votre vie.. Et l’atterrissage était trop pénible.

Ces derniers jours vous vous demandez si c’est vraiment vous ou s’il s’agit juste d’une conséquence de ce qui s’est passé ces dernières années… Vous n’avez pas l’impression qu’avant, vous étiez comme ça..

Une succession d’épreuves laisse des traces.. et même si l’on cherche, et qu’on réussit, à remonter la pente, il y a comme des empreintes qu’on regarde par dessus l’épaule..

Vous auriez voulu être une personne discrète, avoir l’intelligence des gens simples. Mais vous n’en avez pas le caractère ni la même histoire.. Chez vous, la discrétion est devenue de la transparence.. Vous vous sentez comme effacé.e de la vie des autres.. Pour diverses raisons..

La moins douloureuse reste la distance géographique.. Il y a des personnes que vous aimez beaucoup, qui peut-être vous aiment encore, connues il y a longtemps ou un peu moins.. Qui sont loin. Vous n’avez jamais été très talentueux.se dans les relations à distance..C’est compliqué de trouver le juste milieu entre le « parle-moi de toi et je te parlerai de moi », « donne moi ton avis et je te donnerai mon conseil ». Cela dit, de nos jours, les réseaux sociaux facilitent grandement la prise de contact !

Mais, et voila autre raison, vous n’avez rien à dire, ou pas grand chose. Les réseaux sociaux n’ont pas tant libéré votre parole ou vos avis que ça.. Vous n’avez pas de messages implicites à faire passer à qui que ce soit. Vous vivez votre vie en direct-live avec vous-même et cela vous semble bien suffisant. Enfin, vous ne partez pas du principe que l’on peut prendre des nouvelles de ceux qu’on aime en 280 caractères ou en postant quelques émoticônes.

Quoiqu’on en dise, aujourd’hui, les réseaux permettent cette sorte d’impunité qui attire ceux qui ont toujours quelque chose à dire.. à critiquer..

S’ajoutent à cela une santé fragilisée, des événements difficiles, des finances en berne empêchant sorties, voyages et visites..

Vous ne faites pas envie.. Clairement.

Le temps passe, vous existez en pointillés et pour peu que vous refusiez de préciser votre âge, même FB ne vous souhaite plus votre anniversaire, encore moins ceux de vos enfants.

Alors, toujours cette distance avec les autres..

Vous n’arrivez déjà plus à leur téléphoner.. Vous mettez des heures à écrire un simple texto ou à démarrer un mail. Écouter votre répondeur est au-dessus de vos forces..

C’est comme si la voix des autres était trop intrusive et leurs réactions imprévisibles, menaçantes. Comme si votre bulle pouvait éclater au simple contact de l’autre.

Vous avez voulu cet oubli, cet éloignement, qui vous blesse et vous isole.

Et pourtant..

Souvenez vous quand vous dansiez sous pluie, comme la vie était légère…

Apprenez que tout n’est pas combat, le temps guérit les blessures.

Ouvrez vos bras,

Vous vous relèverez..

Encore et toujours.

Don’t Panic – Coldplay

Grandir ou Vieillir #10dumois

Depuis que le monde est monde, les enfants s’appliquent à grandir, s’évertuent à se vieillir. Plus vite qu’il ne le faudrait selon ceux qui les aiment. Ces adultes qui, de leur côté, aimeraient sans doute rajeunir, ou tout du moins ralentir la course du temps.

Grandir.. Vieillir.. Pas encore, pas assez, trop vite ou trop tôt.. Tout est, comme toujours, une question de point de vue… C’était hier et c’est déjà demain.. Et le présent reste insaisissable…

Petit.e, on ne se voit pas vivre.. Etre un.e autre. Grandir, pour faire des choses que seul.e un.e adulte pourrait ou saurait faire… A l’âge légal, ce n’est pas encore assez… On en veut plus.. Plus vite, plus loin.. Pour peu qu’on ait un passé lourd de sens, on pourrait perdre son présent à questionner sans voir que le futur, c’est déjà aujourd’hui.

A un moment donné, le corps cesse de grandir mais il continue de vieillir: son élasticité diminue, l’éclat se ternit. Des petites rides deci-delà, quelques cheveux grisonnent ou blanchissent. Certains disent que ce sont les marques d’une Vie bien remplie, d’autres les conséquences des soucis rencontrés. Un corps, ce n’est pas anodin.. On peut bien sûr changer quelques détails.. pour cause d’usure, de défaut de fabrication, d’accident de parcours.. On peut chercher à l’améliorer pour correspondre aux standards d’une époque ou s’en détacher.. Un corps, c’est à la fois indispensable et faillible.. Pour l’instant, nous sommes toutes et tous soumis à son évolution et accepter ce fait serait probablement libérateur. Notre support physique, en vieillissant, fatigue plus vite que notre âme qui, elle, a des projets d’expansion infinis…

Plus jeune, je ne m’aimais pas.. Ou plutôt, je n’ai pas appris à m’accepter, à me reconnaître, voire à prendre soin de moi.. C’est en vieillissant que mon regard s’est adouci. Et c’est en sens que je me sens grandie. Pour l’instant, j’aime bien vieillir. Parce que je me sens un peu plus apaisée qu’hier.

Je me doute bien que viendra le temps où mon corps ne sera plus aussi fiable qu’avant.. C’est déjà d’ailleurs un peu le cas depuis que je ne suis plus le principal objet de mes pensées (comprendre: depuis que je suis maman)! Bien sûr, ces choses que je sais maintenant, j’aurai aimé les savoir plus jeune… et bien sûr, j’aimerai aujourd’hui avoir encore la fougue, disons, l’intransigeance de la jeunesse. Mais accepter que tout vient en son temps fait sans doute partie du jeu.

Alors je dirai finalement que grandir ou vieillir, l’un ne va pas sans l’autre.. Le temps file, la roue tourne… et caetera… En fin de compte, je suis contente de n’avoir pas baissé les bras quand la tentation de le faire a été très forte. Les pieds plantés dans le sol, les bras sur les hanches, je regarde désormais le passé sans larmes, le présent bien en face et le futur sans peur.


😉 .. La roue Tourne – Zaho ..

Nouvelle Année!

A partir du 31 décembre, et jusqu’à la fin du mois de janvier, on se souhaite à tous, sans presque plus réfléchir, une bonne année.. 

Au début, de façon festive.. et au fur et à mesure que janvier s’écoule, on s’essouffle.. on s’agace parfois.. Avons nous oublié quelqu’un? Tata Jojo? La boulangère ou la dame de la crèche? A t on utilisé les bons termes, la bonne manière?

Avant tout ça, cette année, on pourrait l’espace de quelques instants, regarder en arrière.. 

Voir le chemin parcouru: les progrès, les hésitations, les réussites, les échecs..

Lever la tête et contempler ce qui a été accompli.. sans complaisance, sans excuses, sans regrets.

Bravo!

Oui, bravo!

Cette année, comme toutes les autres, vous avez survécu. Vous avez vécu..

Les guerres qu’il y avait à mener, vous leur avez fait face.

Les douceurs qu’il y avait à distribuer, vous les avez données.

Avec ce que vous pouviez, avec tout ce dont vous étiez capable.

Bien sûr, vous avez fait des erreurs. Bien sûr, vous n’êtes pas parfait.e.

C’est évident!

Si vous l’étiez.. il n’y aurait pas d’histoires… il n’y aurait rien à améliorer. Rien à souhaiter pour l’année suivante..

Vous avez le droit d’être fatigué.e, d’être essoufflé.e.

Arrêtez vous, un peu, ou beaucoup.. Reposez vous.

Personne ne gravit une montagne sans marquer de pauses de temps en temps.

Et quand vous vous sentirez prêt.e, remettez vous en marche.

Parce qu’en fait, vous n’avez pas le choix que d’avancer.. même à votre rythme.. 

On peut dire ce qu’on veut.. Mais la Vie.. C’est ça.. Des hauts, des bas.. Des collines et des pics à gravir.. Des faux-plats ou des cuvettes… 

On nous fait croire que l’on peut atteindre un lieu Idyllique, une sorte d’Eden et que ce jour-là, nous deviendrons un être accompli, serons parfaitement heureux.. La Vérité, la Vraie: c’est que le paradis, c’est ici et ce que vous en faites.. Là où vous êtes.. Parce que vous y êtes.. et avec qui vous le vivez.

Profitez-en.. Rendez le meilleur de jour en jour.. N’attendez pas, n’attendez plus.. De rien, ni de personne. Avancez!

Je vous souhaite d’être fier.e de ce que vous avez vécu, de ce que vous êtes devenu.e. Je vous souhaite de savoir ce que vous voulez devenir durant cette nouvelle année.

J’espère que vous emprunterez la route adéquate pour y parvenir.. N’oubliez pas que si jamais vous vous perdiez en chemin, il sera toujours possible de revenir sur vos pas ou d’inventer un itinéraire-bis.

Enfin, je vous souhaite d’être entouré.e.. Des bonnes personnes.. Celles que vous aimez, celles qui vous aiment..  Vous savez, ces êtres qui vous acceptent tout entier.e, et ne veulent que votre bonheur…

J’espère que vous laisserez s’éloigner ceux qui ne feront qu’assombrir votre horizon ou votre quotidien. N’hésitez pas à garder vos yeux et vos bras ouverts pour accueillir celles et ceux qui en auraient besoin ou qui reviendraient à l’occasion..

Saupoudrez tout ça de quelques rêves et de rires joyeux… Vos pas n’en seront que plus légers!

Belle année 2020!

Bonne Année, Bonne Chance! (Guy Béart)